Comprendre l’Espagne 

Il faut remonter une quarantaine d’années en arrière pour comprendre ce qui arrive aujourd’hui aux Galgos, en Espagne rurale. À cette époque, le lévrier accompagne le fermier sur ses terres et, alors que son maître s’occupe aux champs, le chien lui rapporte un lapin ou un lièvre pour le repas du soir. Le terme d’“animal de compagnie” n’existe pas. Le chien, considéré comme “outil”, doit travailler “gagner sa pitance”. Un fermier, fier de son lévrier, le récompense en lui donnant de l’eau fraîche de retour à la maison, parfois les reliefs du repas. Les relations maître/animal ne vont pas au-delà. Si le lévrier tombe malade, le recours au vétérinaire est un luxe que la plupart des familles ne peuvent se permettre. Et puis, il est très facile d’obtenir un nouveau chiot, par la famille ou le voisinage : tout le monde, ou presque, fait reproduire ses lévriers.

Aujourd’hui encore, cet état d’esprit règne majoritairement en Espagne à propos des Galgos, qui ne sont pas comme des animaux de compagnie. Dans les régions rurales, la chasse est toujours un passe-temps populaire, les chasseurs font reproduire leurs lévriers de manière anarchique, les traitent de manière très dure et se débarrassent des chiens improductifs ou surnuméraires sans état d’âme. Beaucoup de lévriers sont abandonnés, parfois blessés ou malades, et errent dans les campagnes et dans les villes : quelques uns auront la chance de parvenir jusqu’à un refuge, les autres mourront dans l’indifférence... ou seront tirés au fusil car accusés de “gâter la chasse”.

Un Galgo perdu erre dans la campagne malgré une patte fracturée.
© Greyhounds In Need : Lévrier Galgo errant, une patte fracturée.
Ces Galgos privilégiés ont eu la chance d’être recueillis, puis pris en charge par une association avant d’être adoptés en Europe. Rares, malheureusement, sont ceux qui survivent à la saison de chasse.
© Los Amigos de Los Galgos : Lévriers espagnols dans un refuge.
 
Le calvaire des Galgos
Les Galgos adoptés
Galerie
(images choc)
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